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Procès Meta : quand la dépendance numérique des jeunes arrive devant la justice

Ce mercredi 12 août, comme le rapporte L'Indépendant, un procès sans précédent s'ouvre à Oakland, en Californie: Meta, la maison-mère d'Instagram et Facebook, comparaît devant la justice américaine…

Procès Meta : quand la dépendance numérique des jeunes arrive devant la justice

Comme parent, comme praticien, comme simple observateur du lien humain, vous avez probablement déjà ressenti ce malaise diffus: un adolescent qui ne lève plus les yeux de son écran, un enfant dont l'humeur vacue dès qu'on lui retire son téléphone, un rire qui s'éteint derrière une notification. Ce mercredi 12 août, comme le rapporte L'Indépendant, un procès sans précédent s'ouvre à Oakland, en Californie: Meta, la maison-mère d'Instagram et Facebook, comparaît devant la justice américaine, accusée d'avoir sciemment conçu ses plateformes pour créer une dépendance chez les jeunes utilisateurs.

Ce que dit précisément l'audience

Le dossier, déposé dès 2023 par une coalition de procureurs généraux — dont ceux du Colorado, du Kentucky, de Californie et du New Jersey, rejoints depuis par 29 États au total —, s'appuie notamment sur les révélations de la lanceuse d'alerte Frances Haugen. Celle-ci avait alerté le Sénat américain: Meta connaissait les risques pour la santé mentale des adolescents, savait comment les réduire, et a choisi de ne rien changer pour préserver ses profits. Durant sept semaines, le tribunal examinera ces allégations. Mark Zuckerberg, fondateur et directeur général, ainsi qu'Adam Mosseri, directeur d'Instagram, sont attendus à la barre. Les plaidoiries d'ouverture sont prévues pour le 18 août.

Meta a indiqué que le montant potentiel des dommages-intérêts pourrait atteindre 1 400 milliards de dollars — un chiffre proche de sa capitalisation boursière —, bien que les procureurs n'aient pas communiqué de somme précise.

Ce que les États demandent, et pourquoi cela nous concerne aussi

Au-delà de l'aspect financier, la requête la plus intéressante pour notre lecture de thérapeutes concerne les modifications structurelles exigées: restrictions d'âge, suppression du défilement infini, refonte des mécaniques d'engagement. Ce sont précisément les ressorts que nous observons en cabinet — cette anxiété d'anticipation qui pousse à vérifier compulsivement l'écran, ce sentiment de vide dès que le fil s'arrête, cette difficulté à percevoir ses propres états internes sous le flux constant des stimuli.

Comment accompagner, en attendant le verdict

Ce procès ne changera pas, à lui seul, le quotidien des familles. Mais il offre un miroir utile: celui d'une société qui commence à nommer ce que beaucoup de patients formulent en consultation, souvent avec pudeur. En hypnose ericksonienne, le travail commence précisément là — dans la perception de l'impasse, avant le débloquage. Quelques points d'attention simples, à porter dans l'échange avec les adolescents que vous accompagnez:

  • Observer, sans juger, le rapport à l'écran: quand l'usage sert-il d'évitement? Quand signale-t-il une angoisse plus profonde?
  • Restaurer des espaces d'ennui, de respiration, de silence: c'est souvent dans ces intervalles que la reliance intérieure se reconstruit.
  • Rappeler que l'attention est un muscle qui s'entraîne: on peut l'ancrer, doucement, par la répétition d'expériences sans stimulation.

Le procès californien durera sept semaines. Il ne rendra pas, à lui seul, les regards disponibles. Mais il trace un chemin: celui d'une attention collective qui réapprend, lentement, à protéger ce qui ne devrait jamais avoir été marchandisé.