
Vous êtes plutôt couche-tard? Vous pourriez être plus sujet à l'anxiété et à la dépression, selon une étude
Les chercheurs de l'Université de Finlande orientale, qui ont suivi 2 266 adultes actifs, montrent que les personnes au chronotype vespéral — les « couche-tard » — présentent davantage de symptômes anxieux et dépressifs que les autres profils.
Ces personnes récupèrent aussi plus lentement après le travail. L'écart se maintient même après prise en compte du manque de sommeil, de l'activité physique ou de la consommation d'alcool. L'enjeu, pour beaucoup, est concret: repérer ce décalage pour en amortir les effets par le corps, avant que la tension ne s'installe durablement.
Ce que l'étude mesure réellement
Être « du soir » ne veut pas dire souffrir d'insomnie. Le pic d'énergie arrive plus tard, ce qui entre en conflit avec des journées qui démarrent tôt. Le corps, lui, n'attend pas: il accumule la tension matinale puis cherche à la relâcher au moment où la société lui demande encore de produire.
La cohorte — adultes de 44 ans en moyenne, à 57 % des femmes — a été évaluée avec des outils standardisés: Mental Health Inventory, échelle d'anxiété GAD-7, questionnaire de dépression PHQ-9. Les participants ont également été interrogés sur leurs difficultés à « couper » le soir et sur le débordement du travail dans la vie privée.
Le résultat central: pour les profils vespéaux, la journée déborde dans la soirée. Mails qui traînent, ruminations, incapacité à marquer la fin. Ce débordement grignote le temps des loisirs, pourtant nécessaire à la récupération psychique. Les auteurs montrent que cette mauvaise récupération explique en partie le lien entre chronotype du soir et anxiété.
Trois gestes pour relâcher la pression du soir
Quand le mental tourne encore, c'est le corps qui doit envoyer le signal de fin.
1. Descendez la respiration. Une main sur le ventre. Inspirez par le nez en gonflant le ventre, expirez lentement par la bouche en rentrant légèrement le ventre. Cinq cycles. Le diaphragme descend, la mâchoire suit.
2. Décontractez la mâchoire et les épaules. Écartez doucement les dents, laissez la langue se poser au palais. Roulez les épaules vers l'arrière trois fois. La tension du jour se loge là: la libérer physiquement envoie un message de fin au système nerveux.
3. Marquez la transition. Cinq minutes suffisent. Pieds au sol, regard posé sur un point fixe au loin. Sans écran. Sans décision. Laissez simplement le corps passer du mode « action » au mode « récupération ».
Ce qu'il faut retenir
Être couche-tard n'est pas un défaut, mais un rythme qui entre en friction avec l'organisation sociale du travail. L'étude finlandaise confirme que cette friction se paie en tension accumulée et en récupération incomplète. Le levier concret reste le corps: respiration basse, mâchoire relâchée, épaules basses, transition ritualisée. C'est par là que se reconstruit la récupération.