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Let your mind wander, don’t retire and stop worrying: surprising ways to help save your brain from the

Comme le rapporte The Guardian dans un entretien avec le Dr Norman Swan, le vieillissement du cerveau mérite un tout autre regard: notre matière grise, loin de décliner, se transforme.

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Vous est-il déjà arrivé de redouter ce jour où votre esprit vous semblera moins vif, moins disponible? C'est précisément cette peur que l'ouvrage The Brain Cliff invite à transformer en levier concret.

Changer de regard: du déclin à la transformation

Le Dr Norman Swan distingue trois idées peu connues du grand public. La première invite à parler de changement cognitif plutôt que de déclin cognitif: se comparer à ses vingt ans n'est pas pertinent, car le cerveau de la quarantaine ou de la cinquantaine s'est transformé, sans pour autant s'être détérioré. L'intelligence fluide — cette capacité de vitesse et de résolution de problèmes — atteint son pic dans la jeunesse, mais l'intelligence cristallisée, celle de l'expérience et de la sagesse, peut continuer à s'enrichir avec les années, et c'est une bonne nouvelle que peu d'entre nous entendent.

L'échafaudage invisible

C'est ici qu'entre en jeu la notion d'échafaudage cérébral. Le cerveau tisse au fil du temps des réseaux de nerfs qui fonctionnent comme la structure interne d'un gratte-ciel: plus cette architecture se renforce, plus on éloigne ce que l'auteur appelle la falaise cognitive. Ces réseaux migrent progressivement vers le cortex préfrontal, cette zone cruciale qui relie nos pensées, nos souvenirs et nos décisions, et qui devient, avec les années, de plus en plus centrale.

Pour le Dr Swan, le piège principal qui freine cet échafaudage, c'est la rumination — ces boucles de pensées circulaires qui occupent justement le cortex préfrontal. Le stress chronique, la dépression ou encore la consommation d'alcool peuvent fragiliser cette zone. À l'inverse, l'exercice physique, une alimentation anti-inflammatoire — peu de viande rouge, beaucoup de légumes variés, légumes verts à feuilles, aliments fermentés comme le yaourt, et fruits comme les baies — et le fait de laisser l'esprit vagabonder, via ce que les neurosciences appellent le réseau du mode par défaut, soutiennent activement cette construction.

Ce que cela change dans votre pratique

Du côté du cabinet, ce que nous observons au quotidien rejoint ces conclusions. Les personnes qui traversent une anxiété d'anticipation ou qui s'enlisent dans la rumination mobilisent, sans le savoir, des ressources cognitives précieuses. Apprendre à relâcher ces boucles — par la respiration, la pleine conscience, l'autohypnose ou un travail plus structuré en hypnose ericksonienne — ouvre un espace mental autrement plus disponible. Laisser l'esprit vagabonder n'est pas une perte de temps: c'est permettre au cerveau de relier des régions qui, d'ordinaire, ne communiquent pas, et c'est aussi ce que nous cherchons à restaurer, séance après séance.

Alors, plutôt que de craindre la falaise, pourquoi ne pas commencer par observer, cette semaine, quand votre esprit s'accroche à une pensée qui tourne en rond? Vous avez déjà en vous les premières clés pour protéger votre propre échafaudage.