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Santé mentale des jeunes : 13 millions pour transformer la recherche en soins concrets

Le gouvernement fédéral canadien a annoncé, par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), un investissement de plus de 13 millions de dollars pour soutenir la recherche…

Santé mentale des jeunes : 13 millions pour transformer la recherche en soins concrets

Le gouvernement fédéral canadien a annoncé, par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), un investissement de plus de 13 millions de dollars pour soutenir la recherche sur la santé mentale des jeunes et accélérer le passage entre la recherche et les soins concrets. Cette enveloppe, déployée via le Fonds pour la santé mentale des jeunes, financera une plateforme nationale de pratiques factuelles ainsi qu'un volet dédié à l'évaluation et à la science de la mise en œuvre. Pour nous, praticiens des thérapies brèves, cette nouvelle touche une corde sensible: elle interroge ce que nous voyons chaque jour en cabinet, ce moment où un adolescent ou une jeune adulte pousse la porte après des mois d'attente, avec déjà, inscrit dans le corps, le poids de n'avoir pas été entendu.

Un pont à construire entre les preuves et le terrain

L'annonce, formulée le 2 septembre 2026 à Toronto par Maggie Chi, secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé Marjorie Michel, s'inscrit dans la continuité du Réseau de réseaux – Services intégrés pour les jeunes. L'objectif affiché est de repérer, d'évaluer, de diffuser et d'appliquer à plus grande échelle les interventions thérapeutiques qui démontrent leur efficacité auprès des adolescents et des jeunes adultes. La plateforme nationale réunira chercheurs, jeunes, familles et décideurs autour d'un même dessein: faire circuler les ressources, adapter les soins aux contextes locaux, y compris auprès des Premières Nations, des Inuits, des Métis ainsi que des populations privées d'équité. Pourquoi cela résonne-t-il jusque dans nos cabinets? Parce que la question de l'évaluation rigoureuse des approches thérapeutiques — hypnose, neurofeedback, thérapies brèves — traverse toute notre pratique, et qu'une intervention efficace dans un cadre ne l'est pas automatiquement dans un autre, une intuition que chaque thérapeute confirmé porte en lui depuis longtemps.

Ce qu'il sera utile de garder à portée de regard

Les appels à projets des IRSC sont d'ores et déjà ouverts, avec une date limite de dépôt fixée à l'automne 2026; les chercheurs, cliniciens et partenaires communautaires admissibles sont invités à consulter les conditions sur le portail des possibilités de financement des IRSC. Deux signaux méritent d'être suivis de près: les protocoles qui seront retenus pour évaluer l'efficacité des approches non médicamenteuses, et la manière dont la plateforme nationale documentera les retours d'expérience des jeunes et des familles. En France, ce mouvement s'accompagne d'ailleurs d'initiatives parallèles — la DREES a récemment lancé un programme de recherche sur les souffrances psychiques et les pratiques d'accompagnement, tandis qu'ailleurs, comme au Maroc où un plan de près de 4 milliards de dirhams dédié à la santé mentale a été présenté, le même élan se dessine. Cette convergence internationale trace, lentement, un cadre où les thérapies brèves et les approches complémentaires pourront être évaluées avec la même exigence que les protocoles classiques. Une raison de plus, pour nous, à continuer de documenter avec patience ce qui se joue réellement dans la relation thérapeutique, et à rester disponibles pour ce qui, parfois, commence à se débloquer bien avant les mots.