Actualité

Santé mentale étudiante : les dispositifs de soutien et d'accompagnement à connaître

Selon un point complet relayé par Jeunes.gouv, à partir des travaux du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, la santé mentale demeure déclarée Grande cause nationale…

Santé mentale étudiante : les dispositifs de soutien et d'accompagnement à connaître

Selon un point complet relayé par Jeunes.gouv, à partir des travaux du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, la santé mentale demeure déclarée Grande cause nationale pour 2025 et 2026, et se traduit déjà par des dispositifs concrets destinés aux étudiantes et aux étudiants. Derrière les chiffres, ce sont des cheminements individuels qui se débloquent, parfois à petit pas, et c'est précisément ce qui nous retient ici: comment ces ressources peuvent s'ancrer dans une trajectoire de mieux-être, et comment chacune et chacun, à son niveau, peut apprendre à percevoir la détresse de l'autre sans rester démuni.

Un filet de sécurité qui se tisse autour des étudiants

Vous avez peut-être entendu parler du 3040, cette ligne d'écoute, d'information et d'accompagnement gratuite et confidentielle pensée pour les étudiantes et les étudiants qui traversent un mal-être, ou qui souhaitent signaler une situation de violence, de harcèlement ou de discrimination. Accessible de 10h à 21h en semaine et de 10h à 14h le samedi, par téléphone ou par courriel à [email protected], elle offre un premier ancrage à celles et ceux qui hésitent encore à passer le pas.

À ses côtés, le dispositif Santé Psy a accompagné près de 200 000 étudiants depuis mars 2021, ce qui représente, selon les données relayées par le ministère, environ un million de consultations auprès de 1 600 psychologues mobilisés, et plus de 320 000 séances gratuites rien que pour l'année 2025. Depuis 2023, les anciens SUMPPS sont devenus les Services de santé étudiante (SSE), ouverts à tous les étudiants, qu'ils soient inscrits à l'université ou non, issus du public comme du privé, dès lors que leur établissement a établi une convention. Voilà un maillage qui mérite d'être connu, parce que trop souvent ces ressources restent invisibles à celles et ceux qui en auraient le plus besoin.

Apprendre à ne pas détourner le regard: les premiers secours en santé mentale

Et si le premier maillon du soin, ce n'était pas le professionnel, mais le collègue, le voisin, l'ami? Depuis dix-huit mois, un programme né en Australie et déjà déployé dans vingt-trois pays a posé ses valises en France sous le nom de PSSM France, porté par l'Unafam, Santé mentale France et l'INFIPP. Il propose une formation citoyenne de deux jours, ouverte à tous, pour apprendre à accueillir, comprendre et aiguiller une personne qui traverse des difficultés psychiques, d'une simple baisse de moral jusqu'à un état anxieux marqué, voire une dépression.

La formatrice Christelle Cassan Vacher, infirmière de formation, le rappelle: le but n'est pas de soigner, mais d'oser la parole et d'être moins jugeant. Pour mémoriser les bons réflexes, un acronyme simple accompagne chaque situation, AERER, pour Approcher, Écouter, Réconforter, Encourager à se tourner vers des professionnels, et Renseigner sur les autres ressources disponibles. Dans la pratique, ce sont surtout les soignants et les travailleurs sociaux qui s'y inscrivent pour l'instant, alors que les sessions sont, en théorie, ouvertes à tous.

Ce qu'on peut faire dès aujourd'hui, dans son propre cheminement

Alors, concrètement, par où commencer? Si vous êtes étudiant, repérer le 3040 et le SSE de votre académie peut déjà lever un premier verrou. Si vous êtes parent, enseignant, manager ou simple citoyen curieux, se former aux premiers secours en santé mentale devient une manière concrète de contribuer à désamorcer la stigmatisation, en apprenant à percevoir les signaux faibles sans se substituer aux professionnels. D'autres initiatives complètent ce mouvement, dont la création de trois nouveaux outils à Besançon pour libérer la parole des adolescents, ainsi que le travail de la médiatrice de l'Éducation nationale, qui suit de près la santé mentale des élèves, des étudiants et des personnels: la santé mentale n'attend plus d'être un sujet à part, elle s'invite doucement dans chaque espace de vie, et c'est à nous, pas à pas, de lui faire une juste place.