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Semaine de la santé mentale 2026 : cultiver l'estime de soi face aux écrans

Les équipes du Service de psychiatrie de liaison et d'intervention de crise, ainsi que celles du Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent des HUG, proposent d'y répondre par l'expérience…

Semaine de la santé mentale 2026 : cultiver l'estime de soi face aux écrans

Ce que la Semaine de la santé mentale 2026 dit de nos regards sur nous-mêmes

La Semaine de la santé mentale qui se tiendra du 5 au 11 octobre 2026 en Suisse romande, sous l'égide des Hôpitaux Universitaires de Genève et de l'Office cantonal de la santé, met cette année l'estime de soi et l'image corporelle au cœur de ses préoccupations. Un choix qui résonne bien au-delà des frontières helvétiques, à l'heure où le rapport au corps se construit autant dans le miroir que sur un écran.

Quand le regard intérieur vacue, la thérapeutique s'invente autrement

Comment se construit, aujourd'hui, l'image que nous nous faisons de nous-mêmes? La question n'a rien d'anodin. Les équipes du Service de psychiatrie de liaison et d'intervention de crise, ainsi que celles du Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent des HUG, proposent d'y répondre par l'expérience sensible plutôt que par le prisme clinique habituel.

Au programme, la diffusion du court métrage « Soeurcières » de Zélia Zanone, suivi d'un échange entre spécialistes et public. Ce film, qui rassemble les témoignages de huit adolescentes autour de la disparition de leur amie Luna, ouvre un espace de dialogue sur l'amitié, le deuil et la résilience. Entrée libre, sans inscription, dans la limite des places disponibles.

L'autre temps fort prend la forme d'une exposition immersive installée dans un conteneur aménagé, conçue par la Fondation Children Action avec la Fondation Convergences. Selfies, filtres, likes, normes de beauté et comparaison sociale: les visiteurs sont invités à explorer, par des installations participatives, la mécanique intime par laquelle les réseaux sociaux façonnent l'estime de soi chez les jeunes.

Une table ronde vient compléter ce dispositif, en croisant les regards sur la santé mentale des personnes LGBTIQ+, avec un focus particulier sur les personnes trans et non-binaires — un angle souvent absent des réflexions grand public.

En France aussi, le terrain se mobilise

À Lyon, l'entreprise Naali — spécialisée dans le bien-être mental autour de la Safranothérapie® et distribuée dans plus de 1 500 pharmacies — donne le coup d'envoi de la première édition de Naali Act le 5 octobre à La Sucrière. Sur plus de 120 candidatures reçues, dix projets dédiés à la santé mentale des familles ont été retenus, et trois lauréats bénéficieront chacun d'un accompagnement de plus de 15 000 euros. Le public peut voter du 16 au 30 septembre pour désigner son coup de cœur.

Dans le même temps, le paysage français rappelle que la demande d'accompagnement dépasse largement l'offre: les psychiatres du secteur public sont en grève pour alerter sur une crise profonde, tandis que l'Unaf met en garde les parents contre le doomscrolling, cette habitude de défilement anxieux qui n'épargne plus les plus jeunes.

Ce que vous pouvez en faire, dès aujourd'hui

Une faible estime de soi n'est pas une fatalité silencieuse: elle se travaille, se cultive, s'apprend. Trois pistes à explorer pendant cette semaine, et au-delà.

D'abord, observer sans juger ce qui se joue dans votre regard quotidien. Quand vous croisez votre reflet, quand vous scrollez un fil d'actualité, quand vous comparez votre corps à une image — notez simplement, sans vous admonester. Le simple fait de devenir témoin de ces micro-mécanismes ouvre déjà un espace de changement.

Ensuite, accepter de ralentir. Les installations genevoises misent sur l'expérience immersive précisément parce que le corps comprend avant que l'esprit ne formule. Une promenade consciente, un exercice de respiration, une séance d'hypnose ericksonienne ou de pleine présence: tout ce qui réintroduit du rythme dans la perception agit comme un ancrage.

Enfin, tendre la main quand le miroir devient trop lourd. Que vous soyez parent, adolescent, ou simplement quelqu'un qui traverse une période où le regard se fait sévère, les dispositifs gratuits de la Semaine — ciné-débats, expositions, tables rondes — offrent des portes d'entrée accessibles, sans jugement, pour déposer ce qui pèse.

Le chemin vers une image de soi apaisée commence rarement par une résolution volontariste. Il commence par un regard qui s'adoucit, pas à pas, à mesure qu'on apprend à se traiter comme on traiterait un patient précieux: avec patience, curiosité et bienveillance.