
Organisé par La Lettre M en partenariat avec Harmonie Mutuelle, ce rendez-vous intitulé « Santé mentale en entreprise, la fin d'un tabou? » se tient au Gazette Café de 8h30 à 10h30, et il s'adresse à toutes les directions qui sentent, sans toujours le formuler, que quelque chose fatigue dans leurs équipes. Pourquoi en parler ici, sur un média dédié à l'hypnose et aux thérapies brèves? Parce que ce qui se joue dans les open spaces résonne jusque dans nos cabinets, et que les regards croisés entre dirigeants et thérapeutes sont, aujourd'hui, l'un des leviers les plus concrets pour faire baisser la pression.
Un tabou qui se fissure, doucement
Vous l'avez sans doute remarqué, vous qui accompagnez au quotidien des patients épuisés par des réunions qui n'en finissent plus, par des injonctions contradictoires ou par cette solitude propre aux espaces ouverts surpeuplés: la souffrance psychique liée au travail n'est plus une affaire privée. Le Gouvernement en a fait une grande cause nationale, d'abord en 2025, puis à nouveau en 2026 — un renouvellement suffisamment rare pour être souligné. Concrètement, cela signifie que la question sort du silence, qu'elle s'invite dans les directions, qu'elle se mesure, qu'elle se budgète peut-être. Mais une grande cause, nous le savons d'expérience, n'est pas une politique: elle donne de la visibilité, pas toujours de cap, et la prochaine mobilisation annuelle la chassera mécaniquement si nous ne l'inscrivons pas, ensemble, dans la durée.
Les chiffres qui parlent, et ce que ce rendez-vous peut ouvrir
Au-delà de l'événement montpelliérain, plusieurs données récentes dessinent l'ampleur du phénomène et donnent un cadre utile à notre réflexion de praticiens. Selon un baromètre publié en 2025 par teale avec Ipsos et l'Iéseg, 60 % des étudiants présentent des signes de détresse psychologique, contre 36 % dans la population générale; 76 % des salariés se déclarent, eux, en situation de stress, et 58 % des étudiants se tourneraient vers un outil d'intelligence artificielle en cas de souffrance psychique, au même niveau qu'un psychiatre ou qu'un psychologue. Ces repères, rapportés dans une tribune publiée la semaine dernière, rappellent que la santé mentale ne commence pas le jour de l'embauche, et que la prévention — par l'écoute, par la formation, par l'ancrage de protocoles clairs — reste notre meilleure alliée thérapeutique.
La table montpelliéraine, et ce qu'elle peut amorcer
Demain à Montpellier, autour de la table, Catherine Pradère, directrice Accompagnement, Prévention et Santé au travail chez Harmonie Mutuelle, Olivier Torrès, président de l'observatoire Amarok et chercheur à l'Université de Montpellier, ainsi que Frédéric de Fondaumière, secrétaire adjoint de l'UTI CFDT Montpellier-Hérault, échangeront sur des pistes concrètes: reconnaissance du burn out, place de l'IA dans le soin psychique, leviers de prévention en entreprise. Pour nous, hypnothérapeutes et acteurs des thérapies brèves, ce type de rendez-vous est une invitation à ne plus laisser la conversation aux seuls services RH: c'est aussi l'occasion de faire entendre ce que nous observons chaque jour dans nos cabinets, et de proposer notre lecture du lien entre le corps, le rythme et la parole retrouvée.
Ce que je vous invite à observer dans la semaine
Si vous êtes thérapeute, dirigeante d'une petite structure, manager de proximité ou simplement salarié attentif à votre propre équilibre, retenez ceci: le tabou se fissure, mais il ne s'effondrera pas tout seul. Dans les jours qui viennent, observez comment ce type de rencontres se multiplie dans votre région, quels engagements concrets émergent des échanges, et quelle place les praticiens de la santé mentale — hypnothérapeutes, sophrologues, psychologues — sauront y prendre. La conversation commence demain matin à Montpellier, et elle mérite, vraiment, qu'on la prolonge ensemble.