
IA, santé mentale et anxiété d'anticipation: ce que révèle une vaste enquête mondiale
Réalisée entre le 19 juin et le 3 juillet 2026 auprès de 23 537 adultes dans 31 pays, cette étude vient confirmer, avec une précision qui frappe, ce que beaucoup d'entre nous observent dans nos cabinets depuis quelques années: l'anxiété d'anticipation s'est installée au cœur du quotidien, et elle n'épargne presque personne.
Une cartographie des inquiétudes qui résonne avec votre pratique
Vous avez sûrement remarqué, si vous accompagnez des patients, à quel point les motifs de consultation se sont transformés. L'enquête le confirme avec une netteté remarquable. La santé mentale arrive en tête, citée par 33 % des répondants. Elle est suivie de près par la pauvreté et les inégalités sociales (31 %), la situation économique du pays (30 %), l'accès au logement (29 %), puis l'impact des réseaux sociaux et des nouvelles technologies comme l'Intelligence Artificielle (25 %). Ce qui frappe le plus dans cette photographie mondiale, c'est la progression rapide des inquiétudes liées à l'économie et au numérique. En un an, la perception de l'économie comme défi majeur a bondi de sept points au niveau mondial, le logement de six points, et l'impact des technologies de cinq points. Comment ne pas reconnaître, dans cette accélération, le terreau fertile de toutes ces ruminations que vous accueillez chaque semaine?
Quand l'Intelligence Artificielle divise sans opposer
Ce qui mérite particulièrement notre attention, dans une époque où l'IA s'invite partout, c'est la nuance que révèle l'étude. Si une majorité de personnes interrogées — 59 % — souhaitent interdire les réseaux sociaux aux moins de 14 ans, elles ne sont que 33 % à vouloir bannir l'Intelligence Artificielle des écoles. Cette distinction est précieuse pour quiconque s'intéresse aux thérapies brèves et au mieux-être cognitif: l'IA conserve, contrairement aux réseaux sociaux, une image d'outil potentiellement utile lorsqu'elle est intégrée avec discernement. En Europe de l'Ouest, d'ailleurs, l'impact des technologies sur la santé mentale est cité comme une inquiétude majeure par 39 % des Belges, 37 % des Britanniques et 34 % des Français. Dans vos accompagnements, avez-vous déjà observé cette ambivalence chez les personnes que vous suivez, entre méfiance instinctive et curiosité prudente?
Ce que vous pouvez transformer dès demain en cabinet
Trois repères simples à garder en tête, sans rien d'injonctif. D'abord, prendre acte que la santé cognitive n'est plus un sujet confidentiel: elle est devenue la boussole collective, et cela donne encore plus de sens au travail que vous menez au quotidien. Ensuite, accueillir sans les hiérarchiser les différentes sources d'angoisse que vos patients déposent en séance, en laissant à chacune le temps d'exister, comme on laisse une respiration retrouver son rythme naturel. Enfin, intégrer avec discernement les outils numériques et les IA dans votre pratique, en gardant toujours cette question simple: est-ce que cela aide mes patients à se percevoir plus clairement, ou est-ce que cela les éloigne d'eux-mêmes?
L'enquête ne nous demande pas de tout révolutionner. Elle nous invite, plus humblement, à continuer d'écouter ce qui se joue dans l'instant présent, et à faire confiance à ce cheminement partagé vers plus de clarté intérieure.